Archives de catégorie : Films

Critiques de films

L’ASSASSIN, film de Hsiao-Hsien-Hou

L’Assassin

Film de Hsiao-Hsien-hou

M. Hsiao-Hsien-Hou est chinois, de Taiwan. On écrit de lui qu’il est le chef de file de la « modernité contemplative » dans le cinéma asiatique. A 68 ans, après une œuvre conséquente (notamment : Le montreur de marionnettes, La Cité des douleurs (1989), Fleurs de Shanghaî (1998)), il fait, après un silence de huit ans, un détour par la tradition des films d’arts martiaux chinois mettant en scène la Chine ancienne, dits Wu Xia Pian, qu’il a toujours aimés, films souvent centrés sur des personnages de chevaliers errants. Pleinement en possession de son métier et d’un talent reconnu depuis longtemps, il nous offre, avec « l’Assassin », un chef-d’œuvre.

Yinniang a été séparée de son cousin qu’elle aimait ou à qui elle était promise et a été envoyée par sa famille auprès d’une nonne ermite parce qu’il était meilleur politiquement que son cousin se mariât avec une fille de l’empereur. Cette nonne va lui enseigner les arts martiaux, en tant que discipline de formation complète (cf. ci-après). Après huit ans, elle est envoyée tuer son cousin, qui s’oppose à l’empereur. Pendant sa vie avec l’ermite devenu son maître (cf. ci-après), le cousin de Yinniang devient gouverneur de Wei-bo, une région périphérique, et s’oppose à l’empereur. L’époque est celle de la dynastie Tang, où des gouverneurs militaires des provinces périphériques de l’empire sont tentés de prendre leur autonomie, en un mouvement pendulaire qui est celui de tous les empires. Or, l’assassin est au service de l’empereur et non d’un seigneur de guerre, car il répare les torts commis par les potentats qui rompent l’harmonie dont le Fils du Ciel est le garant. Elle doit donc, sur ordre de son maître, tuer celui qu’elle aurait voulu épouser, et l’on devine qu’agissent de plus dans l’ombre nombre de petits machiavels locaux. Continuer la lecture

Departures (film) et 1Q84 (roman)

Departures, film de Yojiro Takita
1Q84, roman de Haruki Murakami

Cette fiche est écrite juste après avoir lu les deux premiers tomes de la trilogie de Haruki Murakami, 1Q84, lecture que je vais rapprocher de la vision du film de Yojiro Takita, Departures vu il y a deux ou trois ans.

Ces deux œuvres me semblent en effet témoigner d’une manière tout à fait transparente de quelque chose de caractéristique de l’esprit japonais. J’assume donc une prétention assez grande, n’étant pas nipponologue (?). Continuer la lecture

Timbuktu

1 TIMBUKTU est un magnifique film, de Abderrhame Sissako, qui traite de l’occupation d’un village du Sahel par les « djihadistes », ou extrêmistes musulmans[1].

Ce film, tourné en Mauritanie, est tout simplement beau, magnifique d’une beauté plastique et surtout intérieure dans sa lenteur.

Beau, le paysage désertique où il se meut ; beaux, les visages longuement scrutés ; beau, le lent écoulement imperceptible du temps ; beaux, les silences, où s’avèrent les montées de l’ignorance et de la tragédie, où se préparent les crimes. Ce film réussit à montrer à nu la violence destructrice des humains comme une malédiction qu’ils engendrent par leur ignorance, laquelle dévoile leur méchanceté. Continuer la lecture