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Voyages

Myanmar/Birmanie voyage

VOYAGE EN MYANMAR, (Birmanie, Burma).

Circuit organisé du 5 au 20 avril 2015 via Nomade-aventures.

Guide Wunna Kyaw Swar.

Quelques jours après notre retour, j’entame un récit de et plutôt à propos de notre voyage.

Voyage touristique dans le centre du Myanmar, autour de Mandalay, accompagné par un excellent guide en compagnie de huit autres personnes. Deux semaines très remplies aux différentes activités très bien dosées. Transport en bus climatisé 20 places, avec chauffeur accompagné de un ou deux assistants (il met le marche-pied et nous protège de la circulation quand nous descendons ; il prévient le chauffeur, dont le volant est à droite alors que nous roulons à droite, quand il veut doubler, sur sa gauche donc. Cette incroyable bizarrerie, qu’une grande partie des véhicules ont la conduite à droite s’explique ainsi : ils roulaient à gauche auparavant, mais un général décida du jour au lendemain de changer le sens de circulation et de faire rouler les véhicules à droite et non plus à gauche. Incroyable mais vrai).

Activités ? Dans la première semaine, transfert par avion de Yangon à Mandalay, au centre du pays et principalement : visites de pagodes (pagode = temple + stupa) avec explications substantielles par notre guide (contexte historique et résumé des histoires plus ou moins mythiques devant les principales statues), visites de plusieurs entreprises artisanales : fabrication de statues de laiton (des buddhas de toutes tailles), de statues en marbre (idem) notamment.

Dans la deuxième semaine, marches tranquilles dans la campagne et traversées et visites de villages et de leurs ateliers artisanaux : fabrication de pirogues au lac Inlé, ateliers de confection de textiles en coton et en soie (du filage au tissage), de bijoux en argent, de produits laqués, fabrication de caramels des palmiers à sucre.

Voilà pour l’ensemble, qui situe les limites mais aussi l’efficacité d’un tel séjour, dans la mesure où nous avons pu voir énormément de choses. En tous lieux, nous avons apprécié la gentillesse des birmans. Le groupe a bien vécu ensemble. Nous revenons très heureux de ce voyage.

Creusons un peu maintenant, sans détruire ce bonheur, prenons du recul.

Précisons d’abord le point de vue d’où nous parlons, sans quoi le moindre récit est faussé. Il s’agit de constater une différence immense par rapport à notre société sur le plan technique, lequel doit être pris pour ce qu’il est, à savoir le conditionnement de notre vie, mais de ne tirer de cette constatation aucune conclusion hâtive ou surtout inconsciente quant à un retard sur le plan social et humain. Et ceci sans idéaliser romantiquement pour autant une sorte de bonheur bucolique que nous aurions cru voir. En d’autres termes, qu’est ce que voir ? Voir à partir d’où ? Et voir en direction de quoi ? Ces deux bornes délimitent en fait notre vue.

De plus il est bien entendu qu’un touriste fait un tour par ci et par là et ne peut prétendre en un temps-éclair connaître ni le pays ni les habitants. Néanmoins, tourner ainsi procure une foule d’anecdotes et d’impressions qui concourent à dresser un tableau qui diminue quand même notre ignorance, sachant que le premier pas hors de l’ignorance est de la reconnaître. Cette brève fréquentation d’un monde étranger nous a fait ressentir l’essentiel: des siècles peuvent nous séparer socialement, l’expérience d’un accueil contient tout ce qui est nécessaire à notre vie si elle est humaine.

J’ai acheté, à l’entrée d’un petit musée, « Burmese days » de Georges Orwell, attiré par le renom de l’auteur de «1984 » et d’ »Animal farms », m’attendant à des histoires sur les Birmans, puisqu’il y a résidé 5 ans dans l’entre deux guerres, du temps de l’empire britannique. J’ai été assez surpris : le blanc colonial se vivait alors totalement supérieur aux populations indigènes (d’ailleurs ce mot porte encore la trace de la domination), il vivait en circuit social fermé, tout en ayant des serviteurs et servantes du cru. Rien de nouveau, mais le récit d’Orwel est percutant. Il rend aussi l’accablement dû à la chaleur (pas de climatisation à l’époque), et le recours à l’alcool pour tenir la distance, à la fois géographique et sociale. Orwell dresse également dans son ouvrage, pour équilibrer ses critiques, le portrait d’un despote asiatique tout à fait détestable dans son pouvoir illimité : toute puissance de la corruption lorsqu’il n’y a pas de séparation des pouvoirs. J’en tire la conclusion que notre regard de touriste encombré de notre supériorité technique est quand même plus bienveillant que l’ancien regard impérial, pas si lointain, ceci résultant des circonstances historiques et non de notre vertu.

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Le vol Paris-Charles de Gaulle en A-380, qui devient mon avion préféré, se passe très bien. Occasion de repenser que notre société réussit à canaliser le travail de milliers de personnes pour le service d’un très grand nombre. En fait, le moindre vol d’avion repose sur le travail humain bien fait de centaines de milliers de personnes, si l’on remonte à la conception de l’avion. Notre société technique réussit ainsi presque invisiblement un prodige humain inégalé. Si chacun concevait son travail (de la conception de l’avion jusqu’au nettoyage pendant les escales) comme un service à autrui, ce qu’il est véritablement, nous verrions que jamais nous n’avons été aussi interdépendants … et charitables ! Passons !

En pleine nuit, je soulève le hublot. Le ciel est noir, nous sommes à près de 12 000 mètres d’altitude, les points des étoiles brillent très fort. L’aile de l’avion, monumentale, est immobile, d’un blanc que je sais glacé.

Je vois soudain une étoile filante à la trainée volumineuse qui parait proche. Splendide ! Récompense de l’insomnie. Les pilotes doivent en voir souvent au cours de leur carrière et peut-être s’y habituer. Evidemment, la Terre est en-dessous, on la devine. Mais nous sommes prêts du noir du ciel privé d’oxygène, je me sens plus près de la navette spatiale que du sol. Ces vols sont quand même une incursion dans un drôle de territoire, où l’humain est un intrus. Un peu comme, parfois, la très haute montagne…..

C’est beau et presque irréel.

La Birmanie, le Myanmar, est un pays du sud-est asiatique bordé par le Bangladesh, l’Inde, la Chine, le Laos et la Thailande, d’environ 61 millions d’habitants pour une surface de 680 000 km2, qui regroupe des peuples différents : birman d’origine tibéto-mongole, shan, karen, rakhine, chinois, indien, Môn. L’histoire du pays est celle d’une sorte de va et vient entre différents peuples qui s’envahissent et se repoussent, sedominent tour à tour. Au 19ème siècle, ce pays devient colonie britannique.

Indépendance conquise en 1948, par le père d’Aung San Suu Kyi, (prix Nobel de la paix connue opposante au pouvoir militaire actuel) Il sera assassiné un an plus tard, mais reste en 2015 vénéré par la population. Le pouvoir est ensuite confisqué par les militaires qui isolent le pays jusqu’en 2010 où un début d’ouverture au monde est entrepris. Durant toute cette dernière période, des conflits sont permanents avec différents peuples à l’intérieur de la Birmanie mais à ses frontières. Le pouvoir veut en effet s’accaparer les ressources naturelles de toutes ces régions, explication économique, et le militaire ne peut que vouloir tout contrôler puisqu’il n’aime pas discuter, explication sociologique.

Privé d’échanges, le pays s’est immobilisé par rapport à ses voisins et notamment la Thailande, la Chine et l’Inde. La comparaison des aéroports de Yangoon et de Bangkok est à cet égard saisissante, le premier fonctionnel mais « provincial », le second énorme (comparable à celui de Paris-CDG ).

Si nous prenons l’angle d’observation économique et social, notons quelques données, tirées du guide « Le petit futé », dont la très excellente rédaction et le franc et mesuré traitement des sujets sensibles (histoire politique, drogue, prostitution notamment) méritent au passage d’être soulignés.

Espérance de vie 65 ans, mortalité infantile 49/1000, alphabétisation 92% ( ? ou 50% selon d’autres sources). En tous cas, selon le guide qui nous accompagne, l’école primaire est obligatoire.

En 2013, selon le FMI, PIB annuel/habitant /en parité de pouvoir d’achat en $ : Birmanie 4300 ; et pour situer : Vietnam 5200 ; Indonésie 9600 ; Chine 11870 ; Thaïlande 14140 ; France 39800.

Dans ce registre numérique, deux faits disent presque tout à mon avis : au Myanmar, 70% de la population est rurale et cette population ne dispose pas d’électricité. En conséquence par exemple, les planches des pirogues sont vissées au vilbrequin, le soufflet du foyer pour fondre le métal du bijou est actionné au pied, le métier à tisser est actionné au pied, un couple de bœufs fait tourner le pilon qui écrase l’arachide et un enfant ou un vieillard les accompagne, le filage est fait à la main. Comme depuis très longtemps, comme depuis toujours, comme il y a si peu de temps encore, nous sommes là avant l’ère du machinisme du 19ème siècle (mais il y a le téléphone portable).

Par contre, nous avons aussi remarqué la qualité du travail effectué, qu’il s’agisse du filage, de la peinture laquée, de la sculpture ou, dans les services, de la réception dans les hôtels. De toute évidence, si l’ouverture du pays aux vents du commerce mondial se confirme, les qualités de méticulosité et il faut bien le dire, d’abnégation de la population, lui permettront de prendre le train en marche par elle-même et de ne pas tomber dans une nouvelle colonisation, chinoise par exemple. Du moins peut-on l’espérer, car cela dépendra du comportement de ses dirigeants et là , très gros point d’interrogation il est vrai. On sait qu’au Cambodge, une mini-caste distribue des concessions aux étrangers disposant des capitaux et de la technique, touche sa forte commission et aucune classe sociale n’en profite, empêchant la création d’une épargne qui investirait à tous les niveazux de l’économie. Les campagnes restent donc pauvres et les villes miséreuses. (cf fiche Brinkley dans « livres » sur mon bloc-notes).

Quant à la qualité des gens, un exemple tout simple et à mon avis convaincant car il suppose beaucoup d’organisation préalable et de réponse fiables des correspondants successifs: toutes les étapes de notre voyage en Birmanie, par avion, bus, bateaux, marche à pieds, barques, scooters électriques et autres calèches ont été impeccablement programmées et exécutées dans les temps prescrits avec clarté et vigueur par notre guide, ce qui après tout n’était pas si facile à réussir. Jusqu’aux dépanneurs de scooters électriques étaient prévus (et ils ont œuvré !).

Enfin, notons sur nous-mêmes que nous sommes devenus une tribu de bipèdes qui photographient tout sans arrêt. Il y a là bien clairement une manifestation de l’avidité, dénoncée par Buddha comme le principal obstacle à notre éveil et à notre réalisation humaine. Le comble a été cette pancarte qui nous invitait à venir photographier les « femmes-girafes », coutume dont on doit certes respecter celles qui la vivent mais dont on peut aussi sans impérialisme souhaiter la disparition, comme les pieds bandés ont disparu de Chine, mais coutume qui pourrait perdurer si elle était relancée par le business touristique. Mais l’erreur, nous le savons bien, peut ensuite nous servir de repère …

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Nous atterrissons à Yangon par grosse chaleur. A l’aéroport, bonne file pour les contrôles qui sont scrupuleux ; l’on s’avance vers l’un desguichets ouverts, dont l’un est d’ailleurs réservé aux diplomates. Le bureau derrière lequel est assise la fonctionnaire est pourvu d’une caméra d’ordinateur dont la photo immédiate est comparée par la fonctionnaire avec la photo du passeport, laquelle avait été soumise aux strictes normes américaines pour l’obtention du visa en Belgique. Impression très nette d’un contrôle attentif. Nous sommes en régime militaire, du moins jefais le lien (mais à l’entrée aux Etats-Unis, c’est pareil et aussi l’Europe si l’on vient de l’extérieur…).

Notre guide nous attend et récupère ses ouailles au fur et à mesure. Lorsque le groupe est constitué, nous rejoignons un bus de 20 places environ, tous les bagages rentrent dans la soute. Vu leur taille, il est clair que nous avons besoin de beaucoup de nos possessions pour faire un petit voyage pourtant tout organisé. Ca m’étonne toujours un peu. « Nomade-aventure » ? N’exagérons pas.

Notre groupe s’avérera très agréable, trois hommes et sept femmes. Il y a des anciens et anciennes très voyageurs/ses, dont un géologue qui nous apprendra beaucoup sur les roches et terrains rencontrés, notamment quant au début d’exploitation d’une mine de cuivre à ciel ouvert par des chinois; son épouse très courageuse dans la fatigue. Il y a un expert financier aux conseils avisés lors de conversations entre deux bouddhas. il y a un citoyen du Portugal qui voyage avec des groupes anglophones ou francophones pour perfectionner sa connaissance des langues (bravo vraiment!). Il y a des nantaises ex-marcheuses de haute montagne, une suissesse travaillant dans la recherche pour des cigarettes sans nicotine et une jeune femme spécialiste d’audits. La somme des pays visités par les membres de ce groupe, que nous découvrirons au fil des conversations, est impressionnante. Les sujets de conversation s’avéreront intéressants, le groupe sera respectueux de ce qu’il découvrira. Une bonne écoute du guide dans ses explications des légendes bouddhistes mais pas d’intérêt véritable pour le bouddhisme, ce que je trouve très dommage. Comment peut-on aller si loin et ne pas tenter de mieux connaître? Comme le dira l’un: la religion est une perte de temps. Et les considérations sur le karma en resteront à quelques blagues. Mais je me trompe: ce voyage ressort du loisir. Au long des trajets chacun/e trouvera sa place préférée dans le bus, sans compétition; et puis peu à peu des affinités se créeront. Bon souvenir donc sur ce plan essentiel.

Entre l’aéroport et le centre de la ville, une large route bordée de très beaux arbres dont je ne sais le nom. Circulation très encombrée avec carrefours à feux. Arrivée à l’hôtel, en plein centre à côté du marché couvert. C’est l’hôtel central bien nommé. Il fait très chaud dehors et bien frais dedans : c’est agréable de rentrer dans sa chambre. Ouf, la première étape s’est faite sans encombre, nous sommes arrivés et les bagages aussi (sauf pour l’une d’entre nous qui les retrouvera dans deux jours).

Peu après, à l’heure dite que chacun respecte, déjà indice d’un bon groupe, nous partons visiter la pagode Shwedagon.

Très gros complexe de temples et stupas. Dépaysement total. A vrai dire nous apprécierons mieux la splendeur de cet ensemble à notre retour à Yangon en fin de voyage. Pour le moment, nous déambulons lentement comme recommandé, nous habituant à la chaleur, et constatons que nous sommes quasiment les seuls « blancs ». C’est une période de fête et de pèlerinage dans les pagodes dans toute la Birmanie. Nous sommes au milieu d’une foule éparse qui va et vient, prie, prend des photos, en famille, avec des amis. Des moines et moniales de tous âges traversent l’espace, un bonze prie dans un coin, des moinillons en tunique brun-rouge et des nonnettes en rose pale passent en groupe. Nous apprenons que le statut monastique n’est pas définitif et que l’on peut donc ici être moine une période de sa vie ; que les familles considèrent comme un acte de bon karma que de mettre leur enfant dans un monastère où il apprendra le bouddhisme. Comme partout en Asie, la mise en présence du dieu, ou du saint ou du bouddha est faite en foule. Mais qui rentre dans le temple est seul avec son dieu (le bouddhisme au Myanmar est incontestablement une religion, même si Bouddha n’est pas le Dieu Yawhé ni le Dieu substantifié et personnel chrétien, ceci à propos du débat : le bouddhisme est-il une philosophie ou religion ? typique de nos catégories de pensée et de nos choix pro ou anti-religion).

Retour à l’hôtel et premier repas, bon et complet, pour nous style thaï. Nous aurons à peu près le même menu chaque jour. Disposés sur la table, après une soupe, un plat de poulet, de bœuf, de poisson, de légumes. Et des fruits pour finir. Et des boissons : eau, bière, jus de fruits, parfois lassi (yoghourt). Les petits déjeuners en hôtel seront occidentalisés. Partout, le service sera parfait et les serveurs et serveuses souriants.

Le lendemain lever de très bonne heure, ce qui n’est pas plus mal vu les effets du décalage horaire : nous sommes de toutes façons réveillés, sinon dispos. Ligne intérieure et vol pour Mandalay, une ancienne capitale birmane, située en plein centre du pays, sur un plateau où la chaleur sera sèche, contrairement à Yangon, ce qui sera mieux pour nous autres touristes. Très bon vol, la plaine défile, nous ne volons pas très haut, des champs bruns à perte de vue : saison sèche. Au dehors, la température monte. Encore un ou deux mois de chauffe et la mousson noiera le pays assoiffé.

Mandalay est la capitale de la haute Birmanie, en fait au centre du pays. Y coule le fleuve Irrawaddy, qui traverse le pays du nord au sud. Elle a été fondée par le roi Mindon en 1857. Malgré l’annexion de la basse Birmanie en 1852 par les anglais, ce royaume restera indépendant des Anglais jusqu’en 1885. Mandalay reste actuellement la capitale culturelle du Myanmar par ses nombreux artisans et constitue une locomotive économique du fait de l’importante communauté chinoise qui y réside.

A un rythme à la fois tranquille et soutenu, nous visitons d’abord les environs et d’anciennes cités royales. Déambulations dans des ruines, transferts en bus, en bateau, en calèches (les chevaux sont de même allure que les birmans : assez menus). Je ne retrouve notre trajet que grâce au résumé de Nomade-aventure ! En effet, sur place, nous avons suivi le guide et le soir j’ai vite renoncé à prendre des notes. Et comme le voyage s’est déroulé sans anicroches, les souvenirs des différentes journées se confondent.

Donc nous avons vu l’ancienne capitale Awa, le village Amarapura. Je me souviens quand même des palmiers à sucre et des très excellents caramels à la noix de coco (il en reste quelques uns chez nous). Les palmiers sont très hauts, l’homme y monte, sans autre aide, des pieds et des mains pour rejoindre une sorte d’échelle fixée à 3 mètres du sommet, lequel est bien à 9/10 mètres, échelle en haut de laquelle il coupe des noix. Gare en dessous !

Colline de Sagain, qui domine la ville de Mandalay, grande pagode. Nous nous habituons peu à peu à la profusion de statues de bouddhas ; mais pas vraiment au clinquant et aux verroteries. Ici, l’imaginaire est autre : auréoles des bouddhas en néons colorés et clignotants, statues des nats (esprits) de style hindou, c’est tout dire. Le diable de nos contrées, si on le trouve encore, est décidément très pauvre d’aspect et bien peu terrifiant!

Pour photographier dans la pagode, il faut offrir quelques sous, ce que nous faisons volontiers pour améliorer notre karma. Nous y sommes toujours pieds nus, et choisissons notre parcours pour ne pas nous bruler les plantes des pieds. La foule est toujours, comment dire, impalpable non, mais assurément pas dérangeante, l’ambiance est gentiment heureuse, je ne trouve pas d’autres mots, et très familiale. C’est vraiment l’époque de la visite aux temples durant les vacances. Comme touristes, nous sommes noyés dans la foule locale et c’est très bien ainsi.

Nous voyons d’ici la ville de haut. A gauche, les petites cases jaunes d’un monastère dévolues à la méditation, à droite un bâtiment moderne, l’université et derrière, de longs bâtiments : la prison. Très grande nous semble-t-il. Je note maintenant qu’au moins pour la prison et pour les petites boîtes, nous prenons photos et restons parfaitement aveugles. Nous n’avons pas le temps ou ça n’est pas le moment ou c’est hors du jeu, d’imaginer des heures d’immobilité dans la chaleur de la méditation assise en silence, ou d’imaginer le nombre de détenus et les conditions d’existence dans les cellules de ces prisons.

C’est à Mandalay que nous verrons le plus d’artisans durant ce voyage. J’ai retenu l’atelier de statues de bouddhas, qui exporte dans le monde entier. Je n’y crois pas en écrivant, mais je n’ai pas vu le moindre palan ou appareil pour déplacer les moules volumineux et lourds. Ils sont déplacés à plusieurs hommes avec des poutres faisant levier. Le feu pour faire fondre la cire est au bois, là par terre. On nous dit que le salaire est de 5 euros par jour (à peine plus que le coût de subsistance ?).

Tiens, le chef se lave ici, côté rue. Le petit magasin est attenant, plein de bouddhas, plein, plein, de toutes dimensions. En laiton, produits sur place, mais aussi en marbre. Le groupe est peu acheteur. Une équipe s’acharne à basculer un moule.

Les conditions de travail sont d’un autre temps, avant la machine. La pénibilité est grande mais le rythme lui est adapté, lent. En langage d’économiste, la productivité est dérisoire. En langage plus proche de la vie humaine (moins d’abstraction chiffrée), le travail est accompli dans les limites de l’effort physique humain, collectivement, et certainement, l’expression «à chaque jour suffit sa peine » est–elle ici pleine de réalité. Dans la fatigue, toute autre préoccupation se dissout : j’ai gagné ma vie et celle de ma famille aujourd’hui. Et je reviens demain. Vous avez dit bonheur ? Burn out ? Juste vivre la vie. Faire bien, accumuler un bon karma, peut-être deviendrai-je commerçant lors du prochain tour d’existence ? Mais je n’y pense bien sûr pas. Et puis, nous travaillons ensemble comme les doigts de la main, seule la sueur est individuelle. Nous gagnons notre vie.

Très impressionnant : l’atelier qui fabrique les feuilles d’or. A partir d’une barrette d’or de 12 grammes, les marteleurs en arrivent à des feuilles de 0,003 mm. d’épaisseur ! La barrette est d’abord transformée en un ruban d’environ 1,5 mètre de long.Découpé en 200 rectangles. Chacun martelé entre deux feuilles de papier bambou environ 30’ (selon conditions climatiques). Ensuite chaque rectangle est divisé en six et martelé environ 30’. Chaque feuille est encore martelée 5 heures. Ces feuilles – environ 4600 pour une barrette de 12 gr. – sont achetées et posées sur les statues des bouddhas, ou sur les meubles etc. Il faut dire que voir les ouvriers marteler en cadence avec des sons différents laisse un fort souvenir. C’est un travail épuisant. Ils martèleraient ainsi durant 5 heures par jour, avec des pauses. A les regarder, chacun et chacune vit selon ses mémoires et sa sensibilité ou sa sensiblerie. (En écrivant et en me les rappelant, je pense soudain à la scène du film Ben-Hur, premier film de ma vie, où je vois Charlton Heston s’écrouler après avoir suivi la cadence extrême de rame dans la galère !)

Notre bus nous emmène plus loin toujours en pleine ville de Mandalay, et s’arrête dans la rue des tailleurs de marbre, de jade. Ici aussi, travail de taille minutieux et très long. Les polissages dégagent une poussière de pierre qui blanchit ces deux jeunes qui travaillent côte à côte. Visage et cheveux poudrés en blanc et de même les poumons sans aucun doute. Pas de masque. A un moment, ils traversent la rue pour une pause et prennent un bon coca. Ils sont habitués à voir les touristes les prendre en photo.

Le jour suivant, long trajet en bus sans problème pour arriver à Monywa, où nous allons découvrir dans des grottes quelques fresques et de très anciennes petites statues de, devinez, … ? bouddhas, mais oui ! C’est en pleine campagne, nous trouvons que ces trésors archéologiques mériteraient d’être mieux gardés contre les trafics potentiels. Cette insousciance témoigne aussi de l’isolement du pays jusqu’à il y a peu.

Je ne sais plus trop quel jour, mais ensuite, nous sommes arrivés à Bagan après un trajet d’environ deux heures sur le fleuve Irrawady, en bateau particulier. Encore une fois, précision de toutes les correspondances entre les différents moyens de transport. Bus, bateau, calèches ce jour.

Bagan est la perle, le nom connu des visiteurs de la Birmanie. Grande plaine dans une courbe du fleuve Irrawady, d’où pointent des centaines de stupas émergeant de milliers de temples (2000 d’après le guide) érigés du XIème au XIIIème siècle. Anawratha (au pouvoir de 1044 à 1077) décide d’établir le bouddhisme Theravada comme la religion du pays et va impulser la construction de milliers de pagodes. Le rayonnement de Bagan durera jusqu’à son envahissement en 1287 par les troupes mongoles de KubilaÏ Khan. Les habitants fuient mais la plaine restera un centre religieux et politique important jusqu’au 14ème siècle.

Le site est très grand et très calme : en 1990, les habitants ont été « déplacés » un peu plus loin à New Bagan pour laisser la place aux touristes !!! En fin de saison sèche, le site est couleur d’herbe séchée et de sable. Nous allons le visiter en petites motos électriques, innovation de l’agence cette année. Mode de déplacement idéal par ce temps chaud. Tout le groupe est content, ça nous change de l’oisiveté du bus. Sont prévus des accompagnateurs dépanneurs, qui répareront deux crevaisons. Bonne organisation, vous dis-je.

Nous allons de pagodes en pagodes et en fin de journée nous rejoignons tous les touristes pour la contemplation du coucher du soleil, lequel nous déçoit car il disparaît dans la brume bien avant son coucher. Pour monter dans la pyramide qu’est ce stupa monumental, il faut passer par un escalier rectiligne tout étroit et sans lumière. Presse et bonne humeur. Normes de sécurité heureusement zéro. Photos, photos, photos. Quelques blancs parmi la foule.

Bain dans la piscine de l’hôtel, la chambre a un plafond très élevé, le climatiseur a du mal mais finit par chasser la chaleur : nous redescendons à 27/28 degrés.

Il peut être presque décevant d’évoquer ou de visiter Bagan après un tel court voyage où nous ne faisons que passer ( le touriste, par définition, ne fait qu’un tour, ce que le langage courant traduit très bien, sauf que le touriste rentré à la maisonprocède à un raccourci prétentieux quand il dit à l’autre touriste qu’il rencontre qu’il « a fait » le Cambodge, qu’il «a fait » la Chine, etc. En réalité il n’a quasiment rien fait que rebondir comme sur un trempolin. Un voyage touristique réussi peut au mieux nous apprendre que nous ne savons presque rien de ce que nous avons vu et nous laisser par contre quelques impressions fugitives mais fortes qui nous donneront envie de mieux connaître le pays, son histoire et ses habitants.

Images fortes ? En vrac, les jeunes marteleurs de feuilles d’or, épuisant, les jeunes tailleurs de marbre, empoussiérés, les familles souriantes en pèlerinage, la circulation lente dans les campagnes, les animaux de traits dans les champs et sur les routes, les artisans sans aucune machine, les maisons intégralement en bambous, les grosses voitures neuves à Yangon, le vacarme des pirogues au lac Inlé (ci-après), les motos et mobylettes partout ( sauf dans le centre de Yangon, interdiction militaire, le circuit parallèle du confort touristique selon notre formule, la cuisine uniforme et bonne, la bière comme boisson, 22 morts à la fête de l’eau à Yangon, un camion militaire que notre bus suit un moment, rempli de bisasses picolant, la stature menue des birmans, la simplicité des contacts, l’absence de mendiants et globalement, le sentiment de se sentir bien quand on marche dans la rue, d’être chez soi quand on rentre dans un temple, de pouvoir être mêlé sans crainte à la foule dense dans un marché couvert.

Ceci dit, Bagan est unique, et ça n’est pas exagéré de dire que, comme dissous dans la chaleur et l’harmonie du paysage et des stupas, le temps s’y ralentit.

Le lendemain nous partons pour le mont Popa, pas très loin, sorte d’énorme masse de granit issue d’une éruption volcanique et dégagée par l’érosion. Bien sûr, le haut est couronné par une pagode et des escaliers mènent au sommet après environ 150 mètres de dénivelé. C’est la foule, mais pas la bousculade. Néanmoins, nous grimpons l’un derrière (le derrière de) l’autre. Une route unique mène à ce site et c’est l’encombrement total. Les bus, grands et modernes, sont bloqués les uns derrière les autres, les voitures, les pick-ups même chose. Ceux qui veulent redescendre vers la plaine ne le peuvent. Notre guide décide que nous marcherons pour accéderau mont et nous voilà nous faufilant là-dedans en essayant de ne pas trop transpirer et en faisant attention à boire notre litre d’eau. Chaleur…

Le guide craint de nous perdre, ça n’est pas la joie pour lui. De plus, les allures de chacune et chacun sont différentes. Au passage de pick-ups arrêtés et bloqués sans recours, remplis de pèlerins stoïques, me revient ce que j’ai lu sur la patience inaltérable et pleine de bonne humeur des birmans. C’est donc bien vrai, pas comme chez nous.

Universelle, cette attirance vers l’élévation ? En Europe, nous avons inscrit cette aspiration dans les monuments religieux, les flèches des cathédrales (et maintenant les banques et les sièges des grandes entreprises, on fait ce qu’on peut). Par contre, les monastères se sont souvent enfouis dans les creux d’un site, préservant du bruit et obligeant à regarder vers le haut. Mais il semble qu’en Asie (en Chine, les monts Tai chan), les sites enhauteur soient le lieu privilégié et doivent être coiffés par la dévotion. Peut-être la présence des foules dans la plaine fait-elle rechercher l’isolement des cimes, même petites ? Peut-être n’y a-t-il pas là trace d’ambition, mais simplement reconnaissance d’un endroit d’où l’on voit mieux et plus loin dans les passions humaines pour s’en éloigner, avec l’aide de la contemplation de la beauté de la Terre ? Cela irait en effet au croyant bouddhiste, comme d’ailleurs au croyant taoïste.

Nous redescendons et rejoignons à pied le restaurant à quelques kilomètres. Il fait vraiment chaud mais heureusement, grâce à la fête de l’eau, des gamins osent nous arroser et rafraichissent certains d’entre nous.

Changement de décor avec notre arrivée en petite montagne ou du moins altitude, à 1300 m. Nous sommes en pays Shan, formé de plateaux, montagnes et jungles, qui se situe au centre-est du Myanmar. Habits différents, peuple différent qui a vu les promesses d’autonomie niées d’un seul coup par les militaires en 1959. Signalons en passant que le nord du pays shan est producteur d’opium, que cette production est contrôlée par d’anciens membres du parti communiste chinois et autres barons de la drogue et que le Myanmar est classé narco-Etat par l’ONU parce que ses dirigeants sont directement impliqués dans le trafic.

A Kalaw, petite enclave indienne dans le pays Shan peuplée de descendant de Sikhs du Penjab et de Gurkas népalais de l’armée britannique venus combattre les japonais durant la 2de guerre mondiale, nous logeons dans d’anciennes demeures des colonisateurs anglais qui échappaient ici à la canicule de la saison sèche. Endroit bien choisi, of course ! Malgré la lecture du livre de G.Orwell, dans ce nouvel environnement, je garde une mini-nostalgie fantasmatique de la vie d’un colonial à laquelle je me figure que je me serais adapté facilement. Ce fantasme se situe entre de la chaleur, le five o’clock tea, un travail de type supervision administrative et la découverte passionnante des complexités d’une vie sociale totalement différente…et de probables émois du cœur, je m’arrête là.

N’empêche que nous apprécions la fraicheur relative et le calme du lieu. Au restaurant de l’hôtel, il y a une famille, ils parlent très fort et sont heureux.

Visite de la grotte Myinnahti, sorte de couloir sinueux et long (300m. environ) rempli de buddhas à tous les tournants et différents niveaux. Il y fait bon et frais. Les japonais y trouvèrent refuge pour autre chose que la fraîcheur, contre les bombardements britanniques.

Journée de marche dans la campagne où nous croisons un couple de paysans dont une des parcelles ne reçoit pas assez d’eau cette année. Ils espèrent la pluie, au sens fort! “Auront-ils suffisamment à manger? Oui, ils ont des réserves de riz”. Nous traversons ensuite unvillage où les enfants se font une joie de nous arroser.Puis une petite halte bienvenue chez l’habitant où nous prenons des rafraichissements et des photos bien sûr !

Dernière grande étape avant le retour à Yangon, nous arrivons au lac Inlé, gros bourg connu des touristes du monde entier, mais c’est la saison creuse à cet égard, grâce à la grosse chaleur.

Environ huit cents mille Intha habitent les bords de ce lac d’altitude de 158 km2, profond de 2 à 6 mètres selon les saisons et sur lequel sont cultivés des jardins flottants où poussent les légumes. Nous circulons dans les barques allongées et plates, munies de ce moteur à 2 temps pétaradant dont l’hélice tourne au bout d’une perche métallique. Comme en Thailande, exactement.

Sur un lac, c’est vacances dans les vacances ! Nous visitons des villages lacustres avec maisons sur pilotis à deux étages et plein de mini-étages intermédiaires. Ici deux femmes récupèrent des bouteilles de plastic. Là, nous montons dans l’atelier de pirogues. Pas de visseuses électriques, chaque vis est enfoncée au vilbrequin. Pleurs ignorés d’un petit qui s’en remettra. Visites de plusieurs maisons/atelier/ magasin où vivent les familles qui fabrique sur place des produits artisanaux et les vendent. Nous sommes les seuls à ne pas prendre en photo une dame au cou cerclé d’anneaux, ayant lu dans notre guide petit futé que cette coutume très localisée risque d’être revitalisée par le tourisme. Nous abandonnons donc cette fois-ci le point de vue serein de l’ethnologue qui observe des faits et tache de les interpréter en s’essayant à la neutralité. (Même chose pour les pieds bandés des chinoises et les excisions ailleurs ; notons qu’il s’agit toujours des femmes : les hommes ont depuis la nuit des temps bien peur de leur mystérieuse puissance créatrice…).

Retour à Nyaung Shwe par le chenal. Les pilotes de pirogues sont parfois jeunes et toujours experts.

Une jeune fille (14 ans) emmène F. en moto pour une séance de massage. Deux femmes en moto, que voilà une aubaine pour ces jeunes gens! C’est le dernier jour de la fête de l’eau. Elles se font intégralement arroser par quatre fois successives à coup de seau d’eau. Vêtements mis à sécher, massage d’une heure, réenfiler les vêtements encore mouillés et retour en moto sans autre anicroche. Ouf ! Et pas de rhume, heureusement. Un peu d’imprévu quand même, donc.

Les jardins flottants méritent une mention, qui sont nés de l’ingéniosité de ces habitants lorsque les récoltes de riz étaient insuffisantes. Une couche d’environ deux mètres de boue, racines et végétaux mêlés flottent bel et bien et forment des bandes de terrain cultivable d’environ 2 à 3 mètres de large et 80 à 100 mètres de long, séparées par des espaces d’eau qui semblent autant de canaux. Y sont cultivées principalement des tomates très recommandées.

Actuellement, laisser des t-shits ou des lunettes (ou les brosses à dent de l’hôtel) par çi par là à quelqu’un est possible et apprécié au Myanmar.

Retour par avion partant de Heho, aéroport tout près du lac Inlé, et vol vers Yangon avec étape intermédiaire quelque part sur la côte. Avion bi-moteur à hélice turbo-propulsé, qui est bien rempli et me donne une très bonne impression de sûreté. Service normal.

Comme déjà dit, la compétence, dans ce pays pauvre est là et n’attend qu’à s’exprimer.

A Yangon, dernière étape classique du touriste : le marché couvert, ou le souk si vous préférez, dans le sens d’un marché très compact avec détaillants et grossistes, dirait-on. Tissus, vêtements, pierres précieuses, bijoux et tout et tout et tout. Toutes les gammes de prix et de qualité.

C’est quasi en face de l’hôtel. Ultimes tentations et achats.

Le soir, nous faisons une petite marche alentour, il est 22h environ. Travaux de bitumage sur l’artère principale. Travail dans un bâtiment en construction, aux projecteurs. Ca nous rappelle Shanghaï. Groupes de gens fatigués. Il fait chaud et ici humide, pas comme à Mandalay et sur le plateau central du Myanmar où nous venons de circuler pendant deux semaines. Nous arrivons devant l’hôtel de ville datant de l’empire britannique. Circulation automobile éparse.

Une estrade de la fête de l’eau n’est pas encore démontée. Sous un projecteur, un enfant y dort, dans une attitude démantibulée, épuisé, à deux mètres de haut. Au pied de l’estrade, une femme, sa mère ? , dort sans bouger sur le trottoir.

Signal. Souvenir indélébile qui se forme.

La semaine passée, descendant de la pagode du mont Popa, un moine en me croisant et montant d’une allure rapide avait désigné de l’index l’appareil photo qui pendait à ma main.

Voici que, dans toutes ces mémoires qui s’amusent à se chevaucher maintenant, s’entremêlent, se refont et se défont, se reconstruisent et s’évanouissent, j’ai à choisir. C’est clair, il n’est point de doute : ce moine est un messager du Buddha ; cet enfant et cette femme sont deux messagers du Christ.

Nous rentrons sur les ailes de la technique et de l’effort humain, les moteurs alimentés par le kérosène issu de la décomposition des forêts d’il y a quelques centaines de millions d’années.

Impermanence et joie d’un beau voyage.

Japon, avril 2006 et septembre 2007

japon-1Les bonnes relations de voyage sont absorbées par ce qu’elles décrivent et ne sont pas encombrées par les sentiments de l’auteur. Un très bon exemple en est fourni récemment par le livre longue marche de Bernard Ollivier, éd.Phébus, publié de 2000 à 2003 en 3 tomes, qui ne parle que de ses rencontres. Le récit qui suit va au rebours de cet excellent exemple, car il contient plusieurs réactions personnelles, provoquées par les situations décrites, et quelques renseignements additionnés par ci par là. Comme touristes en effet, nous avons beaucoup circulé et vu beaucoup, mais par cela même et ne parlant pas la langue du pays, nous n’avons pas fait de vraies rencontres, sauf à Koya-san, comme vous le lirez. Continuer la lecture

Tanzanie

Départ de Bruxelles

 Nous partons en train de Bruxelles jusqu’à Roissy, amenés par Solange, notre voisine, à la gare de Braine-l’Alleud. A Roissy, longue attente de la navette pour rallier l’hôtel Ibis. Comme il y a peu de navettes, le chauffeur accepte de bourrer son véhicule : débrouillardise compensant une petite faiblesse d’organisation, nous sommes en France. La chambre nous convient.

Dans l’avion pour Amsterdam, pas de problème, nous faisons connaissance de Marie-Claire, qui nous a repérés et qui vient de Corse. Dans le DC-10 Amsterdam – Arusha de la KLM, très bon vol, de jour. Nous sommes à côté d’une famille de 4, qui fait partie du groupe de Nomades-Aventures, qui a organisé le voyage.

Le DC-10 est un très bon avion, assez peu sonore, les sièges (3 x 3 par allée) ne nous donnent pas l’impression d’être compressés. Durant ce vol qui se termine à volets fermés, un film assez attractif sur une école de sauvetage en mer, aux Etats-Unis. Le thème : le courage et l’abnégation, un chef dur mais charismatique. Continuer la lecture

Scourmont – Bordeaux 14/28 juin 2014

Les vélos sont prêts et nous aussi, nous avons réduit au maximum les bagages. Chaque sacoche (deux par personne et vélo) fait néanmoins un peu moins de 5 kgs.
Le vendredi 13 juin nous sommes emmenés par M. et A. au lieu de départ choisi, l’abbaye de Scourmont (qui veut dire le mont du secours), au sud de Chimay, Belgique. Je connais bien l’endroit et ça nous plaît de démarrer à partir de là.
Soirée agréable avec M. et A. à l’auberge de Poteaupré où nous passons la nuit et le lendemain, c’est pour de bon !

Samedi 14 juin 1er jour – de Scourmont à Chaourse – 63km

Les pneus bien gonflés et notre moral aussi, nous partons , M., et A. nous faisant signe, sous un ciel gris avec vent très frisquet. C’est seulement en fin de journée que nous réaliserons notre chance : ce vent frisquet est un bon vent du nord que nous avons évidement dans le dos, naviguant plein sud, et c’est une aide que les lecteurs quelque peu cyclistes apprécieront ! Continuer la lecture