DANGER POUR L’ESPECE HUMAINE ?

L’espèce humaine va-t-elle disparaître ?

Cette inquiétude, qui est proche d’une angoisse si l’on prend l’intitulé tel quel, doit selon nous être prise plus comme une alerte intuitive que comme une certitude statistique, alerte qu’il faut cependant prendre complètement au sérieux.

Peut-on différencier l’analyse ?

1) l’explosion du savoir

Il faut d’abord constater un phénomène majeur. Depuis 1900, et plus encore 1980, se manifeste une extraordinaire explosion du savoir humain. Il y a eu les machines aidant la force des bras. Puis les machines accélérant le déplacement. Puis les machines multipliant l’efficacité du cerveau humain. Le savoir humain permet maintenant de créer un deuxième univers, celui qui relie les pensées de milliards d’individus. Enfin, notre société est la première à donner à des centaines de milliers de chercheurs la possibilité de vivre de ce métier et ce dans tous les domaines. Ceci garantit que le savoir va continuer à exploser tous azimuts. C’est le phénomène actuel le plus nouveau et le plus générateur d’une évolution accélérée : il y a désormais une couche terrestre d’ esprits reliés et innovants ; et le nombre de ces esprits va croître encore.

2) l’explosion des différences

Le mode de vie actuel dans les sociétés riches est un triomphe, sur le plan de la santé, des loisirs possibles, de la diversité des métiers possibles. Des millions de gens écoutent Mozart, enterré il y a deux siècles dans une fosse commune, en roulant en voiture ou en volant dans les airs. Et l’on juge maintenant, ce qui est historiquement nouveau, que tous devraient avoir un minimum de richesse matérielle.

On peut remarquer que ce niveau de vie est exagéré, et aussi qu’en cas de crise, la marge pour redescendre vers un mode de vie plus spbre est très grande : loisirs locaux et non mondiaux, alimentation locale et non mondiale etc.

Mais le constat le plus évident est que l’humanité est divisée entre des sociétés qui continuent à courir de plus en plus vite et d’autres qui demeurent en berne complète, vivant durement dans la pauvreté matérielle. Ce problème humain est énorme. Il a à voir avec la capacité des humains de venir au secours de l‘autre, mais aussi de l’abandonner complètement.

La question se démultiplie et se complique dans le sens où d’une part les sociétés riches matériellement connaissent des populations pauvres (en niveau absolu et pas seulement en niveau  relatif dans ces sociétés), et où d’autre part, une vie sobre mais saine est parfaitement atteignable dans les pays pauvres.

3) la planète abimée.

J’en viens (en troisième lieu seulement) au sujet précis : nous abîmons la planète de manière telle que les catastrophes naturelles vont se multiplier (réchauffement climatique) et que nous nous empoisonnerons par nos procédés industriels aux effets massifs. Plus précisément, la vie survivra sur la planète et s’adaptera, mais pas nous.

J’avoue que je suis autant préoccupé, sinon plus par le fait que nous sommes à l’aube de manipulation génétique sur l’être humain, qui me paraît plus grave que la destruction de l’environnement, contre laquelle il y a déjà eu des succès, par exemple la reformation de la couche d’ozone grâce à l’interdiction des chlorofluorocarbures depuis 1994. Mais je reviens au sujet.

Il ne faut certes pas ridiculiser cette angoisse, car elle repose sur des faits réels. Et les passions guident nos intelligences, et non l’inverse : l’angoisse peut toucher le vrai et nous mettre en mouvement. Toutefois, il faut, je crois, prendre une optique de temps long. Dans le temps long, l’évolution est permanente et défie nos prévisions ou illustre notre ignorance et notre précipitation.Le DDT a tué les moustiques, puis il devient un poison pour l’homme. L’électricité nucléaire est ultra abondante, mais la radioactivité tue. L’amiante est une merveille contre le feu, mais il faut maintenant désamianter les bâtiments, car elle est hautement cancérigène. Le glyphosate est très efficace, mais il reste dans les plantes.  Etc

Si l’on considère la présente explosion du savoir, on peut espérer sérieusement que le potentiel pour contrer notre disparition existera. Le vrai problème est alors: attendrons nous d’être dans la mouise pour agir ? Malgré notre nouvelle intelligence collective, je crois malheureusement que oui. A preuve la persistance des guerres entre Etats et des guerres civiles entre groupes humains, qui démontrent notre profonde stupidité, mais qui semble liée au dynamisme de la vie… Nous risquons bien de nous dire, face au réchauffement et dérèglement climatique : les primes d’assurance augmenteront et basta.

4) Mais il faut dire que, sans nourrir une angoisse totale sur ce sujet, il est urgent d’agir à la fois localement car c’est nécessaire à la prise de conscience d’un plus grand nombre, et surtout mondialement pouir faire évoluer le mécanisme économique. Il faut voir qu’il s’agira bel et bien de changer de mode de vie matériel et notre mentalité. Sur ce point, la grande force de l’humanité est qu’elle se renouvelle par la naissance (grâce à la mortalité). Car l’attachement des vivants aux biens acquis, lié à la légitimité d’un confort de vie minimal, rendent très difficile de déterminer où se situe le niveau de vie sobre, légitime et acceptable.

Il y  a quelqu’un qui résume bien le problème à mon avis : Kate Raworth « Doughnut economics », traduit en français  et sûrement en allemand. L’idée est simple : le nouveau modèle, la nouvelle mentalité économique nécessaire est symbolisée par l’image du beignet (ou du rond d’ananas).

 La limite extérieure de la rondelle représente le prélèvement sur les ressources planétaires : il faut qu’elle arrête de grandir. La limite intérieure de la rondelle (laissant un trou à l’intérieur) représente les milliards d’humains qui restent pauvres : elle doit être comblée. Cette économiste, à mon avis, lie parfaitement les deux objectifs : arrêter le pillage des ressources ; faire monter dans le train d’un minimum de niveau de vie matériel tout le monde. Le 2ième objectif est aussi important que le premier. Tel est le modèe qui devrait nous guider au XXIème siècle.

Lillois, 11/11/2019

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.