Sicilia

SICILIA

 Nous sommes début novembre et avons depuis une semaine pratiquement fait le tour de l’île. Agrigente nous a laissé un fort souvenir, nous étions en chambre d’hôtes dans une maison très ancienne retapée par des gens qui fuyaient la promiscuité d’un grand immeuble. Vielle maison en escaliers et dédales, entièrement à l’abri de la ruelle et de la chaleur. Le monsieur s’occupe de nous et nous donne tous les renseignements pour visiter la ville, à commencer par le parking pour la voiture. La ville est en fait sur une élévation, éloignée de la côte. Les deux temples grecs sont visibles vers l’est, reliés par un chemin de dalles, visités par des millions de touristes. Ce sont des ruines qui dégagent une impression de solidité et de force. Les grecs ont conquis l’esprit de leurs conquérants romains et ont de plus laissé ces traces qui témoignent à la fois de l’usure certaine du temps et de la survivance possibles des idées.

Nous avons traversé la Sicile montagneuse via des autoroutes sont on se demande parfois pourquoi elles sont en hauteur sur des kilomètres ( un lobby du béton?) et nous sommes arrêtés à  Enna, ville perchée en plein centre de la Sicile, un peu à l’écart du flot touristique pour nous donner l’impression d’être plus en contact avec les siciliens. Parce que de temps en temps, si l’on fait attention, on peut saisir tel ou tel détail, attitude et peut-être au moins imaginer comment on vit ici. Mais il est certain qu’un bon roman en apprendrait infiniment plus. Il est bon de voyager pour se donner envie de lire! Puissance de la littérature.

La villa imperiale del casale est un endroit magnifique qui témoigne d’un art de vivre qui nous ferait regretter la précipitation moderne. L’habitat vaste modulé par le climat, les fresques qui nous parlent des bêtes d’Afrique et des jeux et danses d’alors: la dolce vita depuis très longtemps, pour les uns.

Arrivés à Santa Venerina, à l’est de l’Etna, quelques kilomètres dansles terres, nous avons dormi chez un ami qui possède des citronniers et qui a la sagesse de vivre de cela seulement, sa femme étant professeur de langues. Repaire agréable et bien caché. Nous avons randonné dans le massif de l’Etna, et avons mieux compris pourquoi on habite sur les pentes d’un volcan. C’est ultra-fertile par les laves pleines de micro-trous et de minéraux, c’est arrosé et irriguable car il pleut au moins en haut, plus les nuages et la brume générés par le relief et donc l’eau dégringole en abondance. Et le sommet parait si loin qu’on a le temps de voir venir en cas d’éruption?

Nous avons évité Catane, ville active et visité la presqu’île de Syracusa au grand soleil. Vieilles habitations, rénovations, rues blanches, place marbrée; un gigantesque ficus près de la mer, des glaces délicieuses, une serveuse très nature.

Nous avons retraversé la Sicile en une matinée tranquille d’une autoroute presque vide. Nous arrivons à Palermo, très grande zone urbanisée qui occupe toute la place entre deux montagnes et la mer, mettons 10 kms de profondeur montant progressivement vers les montagnes qui l’encerclent sur 15kms de largeur ? L’autoroute se termine sur un grand carrefour rond-point et nous prenons la rue Otero. Après le calme, sinon la tempête, du moins l’animation extrême. Une grande rue où le trafic se fait dans les deux sens avec des véhicules de tous genres, vélos, motos, tricycles, bus, voitures en majorité petites, des piétons qui traversent, des véhicules garés en double file…c’est une circulation dense et souple où l’adaptation à ce qui surgit est de rigueur et de tous les instants. La règle semble bien être la suivante : non une notion stricte de priorité mais une estimation du possible à faire dans le moment et qui tient compte des vitesses respectives des véhicules. L’application de cette règle se fait sans agressivité me semble-t-il. On peut même ressentir ce style de conduite de manière ludique et par exemple le définir comme une attention vigilante apportée à l’autre ?N’exagérons pas…Par contre c’est sans exagération que je dirai qu’un miracle s’est produit ce jour là en notre faveur : j’ai trouvé une place de stationnement dans les 5 minutes à deux pas de l’hôtel.

L’intérieur de l’hôtel est tout à fait moderne, sauf le vieil ascenseur charmant et bruyant dont la porte claque. Notre chambre est parfaite, mais donne sur la courette intérieure où les tuyaux d’évacuation prolifèrent.Nous sommes donc logés en plein centre, comme prévu, pour nous faciliter l’exploration à pied de Palermo.

Ce premier après-midi, nous allons découvrir le château des Normands et sa Capilla reale. Chapelle de style byzantin entièrement couverte de mosaïques illustrant des scènes bibliques. Il y a peu de touristes, ce qui nous permet d’apprécier une ambiance certainement favorable à la prière. Mais pour cela, il faudrait rester après la fermeture. Les dimensions de cette chapelle lui conservent un caractère paisible et sacré. C’est vraiment une splendeur.

A l’étage supérieur, les députés siciliens sont en séance et nous ne pouvons pas accéder à la visite des appartements. Mais un anglais rencontré le lendemain au petit-déjeuner nous dira que ça n’est pas à regretter.

Nous poursuivons ensuite nos déambulations dans les rues, un plan à la main. Beaucoup de petits commerces, une grande cathédrale, des églises par ci par là, une boutique d’où téléphoner, des rues en sens unique avec des bus. L’atmosphère est agréable, très libre.

En revenant vers l’hôtel, nous passons par une rue où des artisans travaillent le zinc et le métal. Plein de petits ateliers, qui nous font penser à Essaouira, où, dans la rue parallèle à la rue commerçante, les artisans nichés dans de petits espaces fabriquent les objets vendus aux touristes. Ici, ils sont quand même plus à l’aise, avec plus de machines. Mais le tissu et le circuit économiques sont comparables.Le soir, nous restons au restaurant de l’hôtel qui est au sommet du bâtiment.

Le lendemain, petit-déj au même endroit, d’où nous voyons les toits de Palermo, de couleur beige clair, les montagnes qui entourent le site. Il fait très doux. Très souvent des bruits de sirènes retentissent ici ou là, difficiles à localiser. Des cloches d’ églises se mettent à sonner.Nous allons aujourd’hui arpenter tout le centre de Palermo.Une longue rue aux multiples commerces, soudain des ruines au milieu des bâtiments, des musées qui racontent les traces des multiples « envahisseurs » de l’île, Grecs, Normands, Arabes.Au musée de Palermo, une tête exceptionnelle retient notre admiration et plus loin, au même étage, une peinture extraordinaire : le portrait d’une jeune femme, que nous comparerons à Mona Lisa et son sourire, mais pour préférer celle-ci.Nous faisons une pause au jardin botanique et nous reposons dans un bar à gâteaux. Les pâtisseries sont irrésistibles.

Le soir nous décidons de nous mettre en quête d’un quartier un peu huppé et nous le trouvons, bien internationalisé pour les devantures des magasins. Sur le boulevard piétonnier façon Ramblas il fait bon vivre, à lire son journal papier devant un vrai café.

Le lendemain, nous visiterons Monreale, une formidable cathédrale entièrement recouverte de mosaïques byzantines, comme une un immense livre d’enseignement qui retraçait pour les illettrés d’alors la saga biblique. Les dimensions sont impressionantes. Il n’est pas exagéré d’écrire que si l’onpeut voyager, il faut avoir vu Monreale une fois dans sa vie.

Palermo nous a laissé l’impression d’une ville très vivante, mais comme négligée. Les siècles ont passé et elle se croit éternelle. Les Palermitains devraient faire attention à ne pas la laisser tomber en loques. Mais il flotte dans l’air un sorte de bouillonnement de vie : tout doit y être possible, de la paresse à l’invention, de la négociation silencieuse à la brutalité, de la crasse à la beauté.
Le passant voit bien qu’il ne peut rien en saisir. Et sans doute même après des années. Alors ? Eh ! bien, en deux jours vous pouvez admirer des splendeurs et imaginer ici un monde très charnel.

La Sicile peut séduire! Un voyage incite à se plonger dans son histoire entremêlée de civilisations qui l’ont recouverte successivement depuis des siècles.

 PALERMO, 2d récit.

Après deux bonnes heures par autoroute venant de Catania, près d’arriver à Palermo, nous sortons à Triaba pour faire une halte au bord de l’eau, près d’un petit port de plaisance. Pause très agréable par temps très doux. Puis nous repartons et arrivons à Palermo, très grande zone urbanisée qui occupe toute la place entre deux montagnes et la mer, mettons 10 kms de profondeur montant progressivement vers les montagnes qui l’encerclent sur 15kms de largeur environ.

L’autoroute se termine sur un grand carrefour rond-point et nous prenons la rue Otero. Après le calme, voici, sinon la tempête, du moins l’animation extrême. Une grande rue où le trafic se fait dans les deux sens avec des véhicules de tous genres, vélos, motos, tricycles, bus, voitures en majorité petites, des piétons qui traversent, des véhicules garés en double file…c’est une circulation dense et souple où l’adaptation à ce qui surgit est de rigueur et de tous les instants. La règle semble bien être la suivante : non pas une notion stricte de priorité mais une estimation du possible à faire dans le moment et qui tient compte des vitesses respectives des véhicules. L’application de cette règle se fait sans agressivité me semble-t-il. On peut même ressentir ce style de conduite de manière ludique et par exemple le définir comme une attention vigilante apportée à l’autre ? Pas sûr.

N’exagérons pas…Par contre c’est sans exagération que je dirai qu’un miracle s’est produit ce jour là en notre faveur : j’ai trouvé une place de stationnement dans les 5 minutes à deux pas de l’hôtel.

L’intérieur de l’hôtel est tout à fait moderne, sauf le vieil ascenseur charmant et bruyant dont la porte claque. Notre chambre est parfaite, mais donne sur la courette intérieure où les tuyaux d’évacuation prolifèrent.

Nous sommes donc logés en plein centre, comme prévu, pour nous faciliter l’exploration à pied de Palermo.

Ce premier après-midi, nous allons découvrir le château des Normands et sa Capilla Reale. Chapelle de style byzantin entièrement couverte de mosaïques illustrant des scènes bibliques. Il y a peu de touristes, ce qui nous permet d’apprécier une ambiance certainement favorable à la prière. Mais pour cela, il faudrait rester après la fermeture. Les dimensions de cette chapelle lui conservent un caractère intime et paisible qui apprivoise le sacré. C’est vraiment une splendeur. A l’étage supérieur, les députés siciliens sont en séance et nous ne pouvons pas accéder à la visite des appartements. Mais un anglais rencontré le lendemain sur la terrasse del’hôtel au petit-déjeuner nous dira que ça n’est pas à regretter.

Nous poursuivons ensuite nos déambulations dans les rues, un plan à la main. Beaucoup de petits commerces, une grande cathédrale, des églises par ci par là, une boutique d’où téléphoner, des rues en sens unique avec des bus. L’atmosphère est agréable, très libre.

En revenant vers l’hôtel, nous passons par une rue où des artisans travaillent le zinc et le métal. Plein de petits ateliers, qui nous font penser à Essaouira, où, dans la rue parallèle à la rue commerçante, les artisans nichés dans de petits espaces fabriquent les objets vendus aux touristes. Ici, ils sont quand même plus à l’aise, avec plus de machines. Mais le tissu et le circuit économiques sont comparables.

Le soir, nous restons au restaurant de l’hôtel qui est au sommet du bâtiment. Le lendemain, petit-déj au même endroit, d’où nous voyons les toits de Palermo, de couleur beige clair, les montagnes qui entourent le site. Il fait très doux. Très souvent, des sirènes d’ambulance, ou de la police ou des pompiers ( ? ) retentissent ici ou là, difficiles à localiser. Les cloches des églises à sonnent ici et là. Nous allons aujourd’hui arpenter tout le centre de Palermo.

Une longue rue aux multiples commerces, soudain des ruines au milieu des bâtiments, des musées qui racontent les traces des multiples « envahisseurs » de l’île, Grecs, Normands, Arabes. Au musée de Palermo, une tête sculptée exceptionnelle retient notre admiration et plus loin, au même étage, une peinture extraordinaire : le portrait d’une jeune femme, que nous comparerons à Mona Lisa et son sourire, et pour préférer celle-ci. Nous faisons une pause au jardin botanique et nous reposons dans un bar à gâteaux. Les pâtisseries sont irrésistibles.

Ce soir, nous décidons de nous mettre en quête d’un quartier un peu huppé et nous le trouvons, les devantures des magasins bien internationalisées le signalent. Sur le boulevard piétonnier, façon Ramblas, il fait bon vivre, à lire son journal papier devant un vrai café.

Le lendemain, nous visiterons Monreale, une formidable cathédrale entièrement recouverte de mosaïques byzantines,  immense livre d’enseignement qui retraçait pour les illettrés d’alors la saga biblique. Les dimensions sont impressionnantes. Il n’est pas exagéré d’écrire que si l’on peut voyager, il faut avoir vu Monreale une fois dans sa vie.

Palermo nous a laissé l’impression d’une ville très vivante, mais comme négligée. Les siècles ont passé et elle se croit éternelle. Les Palermitains devraient faire attention à ne pas la laisser tomber en loques. Mais il flotte dans l’air un sorte de bouillonnement de vie : tout doit y être possible, de la paresse à l’invention, de la négociation silencieuse à la brutalité, de la crasse à la beauté.

Le passant voit bien qu’il ne peut rien en saisir. Et sans doute même après des années. Et alors? Eh ! bien, pendant le temps que vous y passerez, pour nous ce furent seulement deux jours, vous pourrez admirer des splendeurs qui durent et imaginer ici un monde très charnel : plein de vie, de complications, de résilience, de savoir-vivre, de dureté et d’accueil distant mais réel.

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