QI DAO

Au milieu du mur en pisé, arrêtée à la porte massive de bois rouge brun, elle frappe du plat de la main droite. De l’autre côté, c’est la paix d’un jardin de pins taillés et de pierres éparpillées sur un gravier blanc ratissé, surplombé d’un grand érable rougissant.

Aucun mouvement ne répond.

Que fait-elle là, à attendre, vêtue d’un pantalon sombre et d’une chemise claire ?

Pourquoi ne pas jouer aux boules ou s’en aller ?

Un bruit de voiture s’en vient et s’efface.

Elle se frappe le front, légèrement.

Aurait-elle trouvée ?

Un vent agite doucement les feuilles de l’érable, au-dessus du mur.

  • La porte sépare le je, le moi, le soi-même, le soi,

du Soi, âme spirituelle habitée par le divin,

habitant au profond de son soi.

Il faut rechercher le Soi pour transformer le soi, le soi-même, le moi, le je.

Nous, en tant que soi, cherchons par l’effort, et le Soi répond par la grâce.    

  •  Le vêtement sombre et clair symbolise notre ombre et notre lumière.
  • Jouer aux boules ? Premier indice que le Soi n’est pas ailleurs qu’en soi-même et dans le jeu de la vie ordinaire : la porte est à l’intérieur de la dame.
  • La voiture ? La vie quotidienne est celle qui est vécue, la recherche s’y situe, elle est oubliée.
  • La dame a bel et bien trouvé : elle a saisi que c’est en son âme, son cœur, que cela se joue.

Pour autant il est bon de se retirer de temps en temps dans le calme d’un jardin, pour se rendre attentif au Soi : le mouvement des feuilles de l’érable y invite.

 

 

Stage Tai Ji Qi Dao, Paris, 20 avril 2019.

A Me KE WEN

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