RANDO-VELO septembre 2016

RANDO-VELO 5 – 10 septembre 2016

 

Nous venons donc de randonner en vélo sur les routes rurales impeccables chevauchant les départements de la Haute-Marne, et de la Meuse. Ayant rejoint Bar-le-Duc, nous avons fait une boucle en passant les nuits à Saudron, Reynel, Vecqueville, Hauteville, près du Lac de Der et de St Dizier, Bar-le-Duc. 335kms, 5 jours.

Ce récit a pour but de convaincre que les randonnées en vélo sont faciles, organisables et bénéfiques pour la santé et le moral.

Les seules conditions sont : un bon équipement mécanique, vélo tout chemin (vtc) avec bonne selle, bons pneus et bon dérailleur ; un bon équipement vestimentaire : dans l’ordre de priorité, culotte, chaussures, casque, gants.

Pour les itinéraires, Hollande et Allemagne disposent de pistes cyclables impeccables, Danemark bien. En France moins de pistes quoique déjà beaucoup mais un fantastique réseau de routes rurales qui en sont tout à fait l’équivalent en pratique.

Un chois stratégique : le long des canaux ou dans la campagne qui comporte toujours des côtes.

La randonnée-vélo est très agréable car elle permet d’avancer bien sur une journée, tout en permettant de goûter au moindre détail et de s’arrêter illico pour une rencontre ou une photo ou une visite impromptue. Elle permet d’oublier les soucis, elle nettoie la fatique nerveuse, bref elle met en forme.

Elle va se développer avec le confort des vélos électriques.

Songez-y !!!!!!

Nous avons eu la chance, d’ailleurs prévue par la météo, de ne voir aucun nuage durant ces cinq journées. L’effort a été nettement supérieur à une randonnée le long d’un fleuve ou d’un canal, comme nous l’avions fait le long de l’Astmühl, affluent du Danube, au mois de juin. Des forêts superbes et de grandes étendues sur les plateaux avec horizon lointain : les récoltes étaient fauchées et nous étions donc en « rase » campagne. Les agriculteurs ratissaient à grandes journées de tracteur, soulevant une poussière due à la sécheresse, dont témoignait aussi, et de façon plus dramatique pour eux, les champs de maïs très maigres et jaunis.

D’abord un bon voyage en voiture, marqué par un dépassement impatient de file due à un véhicule agricole lent, juste bien calculé mais imprudent. Quel idiot ! Nous ne sommes plus habitués, circulant en ville ou sur des voies séparées, à voir un poids lourd se pointer là-bas au bout et qui se fait juste un peu proche.

Bonne arrivée lundi 5 septembre vers 16 h. à « La plume d’oie », 5 rue du sac à Bar-le-Duc, chez Mme … jeune retraitée, qui a réorganisé son habitation pour y placer deux chambres d’hôtes. Vieille maison dans une rue piétonnière, extérieur et intérieur impeccables. De l’autre côté du bâtiment, le balcon de la chambre donne sur une petite rivière qui coule avec un bruit léger Mme est en liaison avec l’office du tourisme et reçoit bien du monde, dont du passage Nord-Sud et du passage Est-Ouest, vers l’Allemagne. Elle nous indique le restaurant possible.

Elle nous propose, le lendemain, de laisser notre voiture dans son garage fermé par une grille dans un parking sous-terrain, une bonne formule que nous acceptons très volontiers : nous pourrons tout-à-fait oublier pour cinq jours notre carrosse.

Après un excellent petit-déjeuner et un peu de parlotte, Bar le Duc est une ville administrative, nous suivons ses indications précises pour sortir de la ville, car c’est toujours un point important de prendre la bonne route à partir du centre d’une ville pour en sortir pour ne pas perdre trop d’énergie en se trompant de direction.

Pour éviter une bosse très sérieuse, dont nous vérifierons au retour la pente dans une descente très raide, nous faisons un détour par le nord (Fains) pour arriver à Veel et prendre une route qui serpente en suivant le cours de la Saulx, petit cours d’eau.

Nopus sommes le mardi 6 septembre et il fait un temps parfait, ensoleillé et juste frais à cette heure ( 9h30).

Pour choisir cette route, nous avons appliqué notre méthode habituelle. Prendre une carte Michelin assez détaillée (échelle 1/150 000, soit 1cm= 1,5 km), et évaluer grossièrement les étapes, sachant que nous suivrons les routes « blanches », évitant le « rouges » et si possible mais pas toujours, les «  jaunes ». Rouges pour les nationales, jaunes pour les départementales, blanches pour les locales. Ceci nous permet de circuler en milieu rural et de bénéficier d’un gigantesque réseau de pistes cyclables anonymes mais réelles. Après ce premier choix approximatif, il est conseillé de repérer les cours d’eau le long desquels normalement le relief sera plus doux, et complémentairement, d’éviter les routes marquées d’un accent circonflexe ( l’accent vers le haut dans le sens de votre marche), en écartant absolument celles marquées de 2 ou 3 accents.

Ensuite dans notre cas de vélo-randonneurs appréciant un bon lit, il faut repérer les chambres d’hôtes possibles, vérifier leur disponibilité, et modifier le trajet prévu en fonction du résultat pour arriver aux points de départ et d’arrivée définitifs. Il ne reste plus qu’à prévoir le trajet avec variantes possibles, étant entendu que dans cette épure, une adaptation est toujours possible selon les circonstances ou les conseils reçus sur place.

A cet égard, le vélo est vraiment génial car il facilite les contacts d’une manière qui s’est toujours vérifiée.

Nous suivons donc la rivère Saulx vers le sud en ne la voyant d’ailleurs que de temps en temps : Trémont, Haironville, jusqu’à Damarie. où nous décidons de faire une rallonge par Hévilliers pour ne pas arriver trop tôt, vers 16h au Val Louzet, où deux paons nous accueillent. Pas de clébard (j’aime autant), pas de propriétaire (dommage), mais un numéro de téléphone. Il fait chaud, je le joins puis nous l’attendons tranquillement. Des reniflements de cochons d’une pureté extrême. Je vérifie : c’est exactement comme on les imite !

Très belle chambre. Ceci se retrouvera chaque soir. Nous avions entendu dire que « Gïte de France » voulait pousser vers le haut le réseau et après une dizaine d’année, c’est perceptible, au point d’être presque luxueux parfois (niveau « trois épis » il est vrai), ou de donner envie de rénover sa propre salle de bain…

Nous sommes loin de tout (à vélo). Pour le repas du soir, il y a carrément ici, dans un des bâtiments de la ferme, un restaurant, comme nous le savions d’ailleurs, c’est pour cela que nous avons retenu cet hébergement. Très bon repas dans une salle d’où saillent des murs de grosses têtes d’animaux (bison, élan, cerf). Avec un peu de mémoire, ces choses sorties du mur me font penser aux mains qui sortent des murs dans Répulsion, un film de Polanski que j’avais vu en voyage scolaire en Angleterre, à 13 ans je crois, brrr… Je prends des photos pour le mari chasseur de F, Ces grosses têtes sont un peu saugrenues pour qui n’est pas chasseur. Nous ne nous sentons pas d’humeur à incorporer magiquement l’âme courageuse de ces superbes bêtes, mais ça ne nous coupe pas l’appétit.

Notre hôte devient plus loquace en servant au restaurant. Il s’avère qu’il fait travailler un cuisinier, une dame pour les chambres et un monsieur pour les bêtes. Il a racheté la ferme il y a 15 ans, l’a retapée en deux ans de travaux et fait les chambres d’hôtes il y a 5 ans. Ca marche, mais c’est très en dents de scie depuis deux ans. Des fois personne, et puis des mariages à la suite. Il nous vente les avantages de Zoë. sa voiture électrique. Autonomie largement suffisante (150 kms) pour ses besoins. Aucun problème de givre en hiver, il programme la veille le chauffage de l’habitacle pour les10 minutes avant le départ prévu. Renault doit faire un bel effort : il la loue pour 3 ans au prix mensuel d’un plein de gazole et pourrait l’acquérir ensuite. Surtout, son ancienne diesel lui a été reprise à un fameux prix (dix mille €) par le concessionnaire. Bref, je suppose que Renault met le paquet, et c’est bien nécessaire et légitime en période de lancement d’un produit nouveau. Précisons que cette voiture a l’air très réussie.

Digression : il y a maintenant des années que l’on entend en milieu restreint que le prochain énorme problème de santé publique ( après le cancer , puis le sida) sera les maladies respiratoires. Des rapports existent maintenant, qui ont nécessité des années de recoupements, méthode scientifique oblige. La reconversion du système de production et des réseaux de distribution prendra des années. Mais sachons-le car c’est déjà l’expérience, les solutions sont simples et économiques: vélos et voitures électriques. Nous avions vu que Kopenhagen a fait le pas, où les vélos sont majoritaires.

Le soir, il fait un silence vraiment audible (on entend seulement de l’intérieur, je crois, notre cerveau qui s’irrigue). Le ciel est noir. Des lanternes rouges qui clignotent ? Les éoliennes. Des lumières de satellites ? D’autres qui ne sont pas des avions de ligne mais probablement des militaires, au vu des trajectoires irrégulières en duo et parfois très proches. Mais elles sont très loin, pas de son. Je me rappelle quelques pas hors d’un camp en Tanzanie, même silence, l’imagination suggérant pas tout à fait hors de propos la présence attentive et plus que discrète d’un ? d’un lion, tant qu’à faire… et l’arrêt d’une jeep qui m’intime de rentrer fissa au camp. Bref, nous goûtons à deux la solitude d’un silence ici non apeuré et d’une nuit douce, n’est-ce pas un vrai bonheur ?

Le lendemain, mercredi 7 septembre, après un bon petit-déj – c’est toujours pour nous un des grands moments des vélo-randonnées ! – nous partons pour Reynel. Via Saudron, Cirfontaines, Lezéville, Grand, Leurville, Humberville, Rimaucourt.

Avant Saudron, nous longeons un petit site du CEA (Commissariat à l’énergie atomique). Cela a-t-il à voir avec les déchets radio-actifs et leur enfouissement ? Je vais donc maintenant en r»édigeant voir ce dont il s’agit via google. Voilà, je lis : c’est un site où le CEA met au point un carburant dit de 2ème génération selon le procédé BTL ; biomass to liquid, à partir de produits forestiers. Ah ? En tous cas, ça avait l’ait totalement inactif.

Saudron fait partie de Bure, où l’enfouissement des déchets radio-actifs est prévu. A vrai dire, c’est en écrivant que je m’en aperçois : partant au grand soleil matinal et abordant une superbe descente sur un parfait asphalte, nous n’y pensons pas du tout.

Nous zigzaguons un peu et passons par Grand, seul village où nous trouverons un magasin alimentaire nous dit-on, qui s’avère ouvert à différentes heures et juste le quart d’heure où nous passons. Ouf. C’est un fait qu’il n’y a plus aucun commerce dans tous les villages que nous traversons. Nous découvrons que Grand offre une particularité intéressante : les ruines d’un amphithéâtre romain et d’un temple dédié à Artémis, construits ici alors même que le village se situait loin des routes romaines. L’explication proposée est celle d’un culte divin particulier pour lequel les gens affluaient à l’époque. A l’abri de quelques arbres, nous picniquons, puis voyons arriver un couple similaire au nôtre, vélo-randoneurs assez chargés puisqu’ils vont en camping. Ils nous donnent plein d’optimisme car ils semblent bien qu’ils aient quelques années d’avance sur nous…La dame nous fournit moultes informations, que le monsieur rectifie parfois discrètement.

Dans l’après-midi, nous apprenons en longeant plusieurs fois des usines perdues dans la verdure, que la Haute Marne est depuis longtemps et demeure une terre industrielle de métallurgie. Au détour de la route, en pleine campagne, une longue usine, comme une forteresse bien fermée. Mine de fer de Loraine et bois des forêts puis mines de charbon du nord pour le combustible. A deux reprises, panneaux d’Arcelor Mittal. Renseignements pris par bavardages ici ou là, une usine va fermer, l’autre continue. S’applique la loi de la mondialisation, celle des avantages comparatifs. Telle usine qui fabrique des métaux pour la chirurgie prospère, telle autre qui produit des gros tubes moins sophistiqués loupe des appels d’offre, telle autre prospère avec des matériaux ultra performants, une usine spécialisée dans les œuvres d’art monumentales reçoit de s commandes d’Asie.

Assez fatigués par quelques grimpettes, nous faisons une pause à Rimaucourt avant de revenir en arrière pour entamer la montée prévue pour Reynel. Des gamins nous indiquent que oui, il y a un endroit à boissons dans le village. Ouf ! En fait c’est un petit restaurant qui fonctionne le midi uniquement avec une clientèle locale. Le patron fait tout, il y a cependant un jeune qui fait un stage en vu d’un apprentissage. Nous bavardons et nous nous offrons des sortes de biscuits faits maison, bourrés de crème et de sucre, très bon pour la montée qui nous attend.

Celle-ci n’a pas été si terrible, nous n’avons pas eu à mettre pied à terre.

Mme nous accueille avec gentillesse et simplicité. Une maison agrandie, située le long de la route hors du village, où plusieurs chambres très confortables sont aménagées. Son fils handicapé vit sur place. Des fleurs, des légumes, des fruits, des poules naines, des oies dont deux domptées par Monsieur. Il range lui-même nos vélos dans le garage, c’est dire la qualité de l’accueil. Nous mangeons nos provisions à table dans le jardin, car il fait toujours un temps extraordinairement beau. Nous marchons ensuite dans le village et trois personnes assises devant chez elles nous regardent, quel spectacle exceptionnel, et après salutations réciproques, nous indiquent que oui, il n’y a qu’à rentrer dans le parc du château malgré les interdictions dues à des travaux d’assainissement. Nous découvrons la belle propriété d’une famille venue de Belgique en 1947. Des pensées arrivent, fortune faite dans les années précédentes et mise à l’abri ?

Ce château est très bien situé, surplombant un vallon profond et allongé. Beau bâtiment, mais quelle charge ! Ils organisent des évènements. Pour l’instant, une lampe allumée à une fenêtre pour faire croire à une présence. A l’horizon lointain, une file d’éoliennes qui clignotent puisque la nuit arrive déjà ( septembre) comme un feu d’artifice trop régulier ; des robots amicaux nous font donc un clin d’œil, bien calculé: « Oui, vous pouvez compter sur nous ». Ce département est, nous l’avons déjà vu et le reverrons, plein d’éoliennes.

Cette maison d’hôtes abrite plusieurs ouvriers qui travaillent sur des chantiers parfois plusieurs semaines d’affilée et qui préfèrent loger ici qu’à l’hôtel.

J’ai bouquiné une demi-heure, ça sera la dernière fois de la rando, à cause de la fatigue certes mais surtout, je crois, de la disparition du besoin de lire !

p1080757Le lendemain, jeudi, cap sur Vécqueville, à côté de Joinville. Reynel, Epizon, Doulaincourt,Donjeux, Joinville.

Grand soleil et pleine campagne, routes superbes mais de vraies montées. Avec un peu de vent qui fait tourner les éoliennes.

Nous avons volontairement fait un détour puisque Vecqueville n’est pas loin, 35 kms environ, si l’on y allait directement. Nous sommes récompensés par le paysage très grand, nous roulons en hauteur sur le plateau. Mais nous fatiguons un peu. Nous choisissons sur la carte une mini-route dans du vert, c’est à dire une forêt, pour rejoindre la Marne. La prévision s’avère correcte, nous nous offrons une très longue descente en pente douce de plusieurs kilomètres avec un bon revêtement, sans aucun véhicule, dans une très belle forêt. Le grand plaisir du vélo-randonneur : déplacement en repos, énergie consommée zéro, pollution zéro, nature en direct avec des oiseaux qui lancent de loin en loin des cris d’alerte en nous voyant arriver.

Arrivés le long de la Marne, nous trouvons un canal. Finalement, c’est difficile à croire mais dans ce coin, nous ne trouvons que le bord de la piste à l’ombre d’un arbre pour le picnic. Il arrive un moment où l’on a envie de s’arrêter mais où les kilomètres s’enfilent à la recherche du coin idéal. Il faut savoir stopper… et parfois, en repartant, on trouve 800 m. plus loin LE coin idéal. C’est comme ça.

Maintenant, plein nord le long du canal de la Marne à la Saône.

C’est beaucoup plus rapide que dans la campagne avec les côtes, pas de doute. Mais un peu monotone aussi. Comme il fait chaud, c’est bon de rouler auprès de l’eau. A cet endroit, le canal est plus haut que les champs. A Joinville, nous repérons le départ vers Vecqueville et faisons une pause glaces (moi) et boissons (nous deux) dans un établissement où nous entendons l’accent du cru et une grande assemblée de famille qui sort à haute voix des drôles d’affaires sur un tel et une telle. Pas le style Woody Allen et plus authentique. Comme il n’est que 14h, nous faisons encore un petit extra le long du canal pour visualiser le trajet du lendemain. Il y a là aussi une usine métallurgique au milieu des arbres.

Pour nous bien renseigner pour rejoindre la chambre d’hôte et savoir s’il y a une voie plus astucieuse pour grimper sur le plateau, nous stoppons près d’une dame qui promène son petit chien. Elle nous indique une option compliquée, que d’ailleurs avec inconséquence, nous abandonnerons ensuite au premier panneau indiquant Vecqueville. mais nous bavardons aussi un peu, nous l’interrogeons sur l’usine. Son beau-fils y travaille, « son chef n’est pas bon et ne connaît pas les trucs pour réaliser une bonne pièce » (est-ce une bonne coulée ?) « Il y a trop d’administratifs », « parfois ils perdent des appels d’offre, c’est dur. »

Nous revenons à Joinville et entamons la montée vers la chambre d’hôtes. Comme partout ailleurs, l’eau a creusé des vallées et les villes se situent le long de l’eau. Ca peut donner de sacrées pentes. Et c’est bien le cas. Nous devons mettre à un moment pied à terre, alors même que le plus petit développement est si court qu’il faut faire attention à garder l’équilibre ! C’est là que les mots d’un récit sont insuffisants ! Par contre nous refaisons l’expérience que n’avoir pas le choix libère (…à méditer…), nous délivre en tous cas des jérémiades éventuelles auto-centrées. Un courage (n’exagérons pas…) proportionné à la situation nous survient et nous montons comme des tortues, sachant bien qu’à la

fin nous y arriverons. Ah, mais !!! (Les bicyclettes du vierminh, c’était autre chose…).

Nous arrivons dans un vrai domaine. Un grand corps de bâtiment. La chambre d’hôte qui nous est allouée est carrément l’œuvre d’une artiste avec des trouvailles originales de cloisons en osier (fait dans la région) et, vraiment originale, une toilette en forme de cabanon en bois posé avec son toit dans la chambre ! Salle d’eau sublime. J’espère qu’ils ont eu des subventions.

Bref, magnifique, temps superbe, champs coupés sur des dizaines d’hectares jusqu’aux forêts. Après les douches, Fitje met ses affaires en place, je repère une chaise-longue en bois dans le grand jardin. J’y profite, dans la quiétude d’une fatigue rafraîchie par la douche, du calme et de la lumière, ce qui engendre sans surprise un sommeil réparateur d’ailleurs dûment escompté.

C’est la formule de la table d’hôte. Note hôtesse abat un énorme boulot car elle s’occupe de tout : chambres, réservations, cuisine, courses. Apéritif avec produits de la ferme. Trois français, un conducteur d’engin, deux qui font des sondages sous-terrains à la redherche de déchets, je crois comprendre pour le site EDF de ST Dizier, mais pas sûr. Et puis deux couples de belges flamands, dont une dame handicapée. La conversation ne démarre pas trop. Côté francophone, un des gars est originaire d’Oloron (où j’ai de la famille), ce qui facilite le contact ! Puis une brève dérive du côté de la politique mais comme arrivent vite des propos sur les « tous pourris », je coupe après avoir défendu les gens qui exercent ce métier difficile et où il faut contenter tout le monde. Est-ce possible ? même au niveau d’un village ? Mais nous n’allons pas nous gâcher l’atmosphère. Long repas, c’est donc dire trop long, et repos vers 22h30. Monsieur, qui a beaucoup d’engagements car il est adjoint au maire de Joinville, nous rejoint en cours de repas. Ils ont eu quatre enfants et deux d’entre eux vivent ici avec femmes et enfants. Ils ont le boulot à l’extérieur. Il possède plus de 400 hectares, sachant que le seuil pour vivre ici comme agriculteur est d’environ 250 hectares. Comme il reste un bon tiers des bâtiments à rénover, il a encore plein de projets. C’est un monsieur d’envergure, sans doute patriarche, mais moderne et entreprenant : il faut l’être pour se lancer comme ça, et ça marche en tous cas. Comme je l’ai écrit, sa femme assure, sinon rien ne serait possible, tout simplement.

Le lendemain, dès le réveil, la lumière me fait lever tout de suite (exceptionnel !) et je sais pourquoi : une séance de Tai-ji et Qi Cong impromptue, improvisée et bienfaisante m’attend, elle ne se dérobe pas, et c’est comme la salutation au soleil des hindous.

Petit déjeuner et nous partons. Vendredi.

Après une descente réfrigérante dans une fente du terrain très encaissée et en pleine forêt, nous optons pour rejoindre le canal. Evidement, ça avance bien et finalement nous décidons de lsuivre jusqu’à St Dizier au lieu d’obliquer vers le lac du Der. Visite de st Dizier centre. Une excellente boulangerie /pâtisserie conseillée par une dame piétonne, puis une bonne pause café à une heure creuse où quelques clients se laissent aller doucement. Il est 11h, heure toujours excellente : la plupart du temps, un bon bout de chemin a déjà été parcouru, car les heures matinales sont les plus rapides, et nous sommes contents d’arrêter quoique nous ne soyons pas vraiment fatigués. Bref c’est archi-agréable, sentiment d’être en vacances…De plus, aujourd’hui, nous étions sur du plat.

St Dizier me laisse le souvenir d’une petite ville d’une propreté impeccable. Par contre, le bruit des avions militaires est là. Et quand nous repartons le long du canal, nous voyons de loin la base aérienne militaire, à quelques kilomètres du centyre seulement.

Nous roulons dare-dare jusqu’au lac du Der. Le lac est loin d’être plein, puisque des étendues de vase apparaissent avant l’eau. Picnic sur un banc au bord des embarcations de plaisance. Il y a un petit port, avec un bar pour les membres du club. Il fait vraiment chaud. Plusieurs voitures, dont une provenant d’Allemagne, arrivent pour préparer les bateaux pour la virée du week-end sur le lac. Nous allons sur une plage, mais finalement, je préfère me baigner en prenant une douche froide dans une installation de plein air. Les baignades océaniques ne sont pas assez loin…

Nous roulons tranquillement dans les forêts qui bordent le lac, puis faisons un bon détour pour aller trouver du pain pour notre repas du soir : nous serons en chambre d’hôtes, mais pas de table d’hôtes. En roulant, nous voyons plusieurs maisons et une église recouverte de bardeaux, protection contre le froid ?En fin de journée, plusieurs kilomètres qui nous paraissent assez long (notion de l’espace-temps exactement !) puis une belle côte pour arriver à Hauteville. La rue centrale est faite de maisons contigües, un peu comme des villages vus en Roumanie. Une sorte de mini-muraille fermée. Un monsieur âgé qui me fait penser à mon grand-père, très accueillant, franc et net, nous ouvre la porte et, surprise nous pénétrons dans une très longue cour, un corps de bâtiments impressionnant. Au fond, dans l’ancienne grange, ô merveille inattendue, un jacouzi. Une soi-disant chambre en forme de petit appartement, avec grande chambre à coucher et grande sale d’eau à l’étage, petite cuisine en bas.

Les autres hôtes sont un groupe de travailleurs roumains, qui travaillent sur un gros chantier EDF de St Dizier. qui gérera la logistique déchets nucléaires dans le coin ( Bure). Trois hommes assez jeunes. Le soir, lorsque nous prenons notre repas pas loin

d’eux, installés dehors à une autre table, une voie métallique se mêle à la conversation : liaison téléphonique de longue durée. Ils ont trouvé la bonne formule.

Le lendemain, samedi, les roumains nettoient leur linge, petit-déjeunent en téléphonant non-stop. Ca nous relie à la vie active et au passage du temps. Je me dis que la réaction anti-étranger qui se généralise dit-on, et s’est accrue avec les suites de la guerre en Syrie, en plus d’être une faute morale, est tout simplement une erreur économique.

En tous cas, ça se passe très bien. Notre hôtesse nous racontera que certains, au début, dormaient sur les couvertures…

Vu leur âge, ils cherchent à vendre le bâtiment qui est vraiment bien équipé. Mais justement, ça n’est pas une petite affaire.

Ce samedi, après un excellent peti-déj, en route pour notre retour à Bar le Duc.

Retour d’abord vers st Dizier le long du canal, puis nous empruntons une route «  blanche » sur la carte, et non bien sûr, la nationale qui va directement à Bar-le-Duc. Magnifique et large route ??? Mais c’est en fait un raccourci et la route qui va directement vers le nord. Magnifique forêt, mais nous entendons de loin arriver les bagnoles et ça y va. Heureusement, après 7 kms, nous pouvons obliquer vers Bar-le Duc en passant par l’abbaye de trois fontaines, en fait un beau parc d’accès gratuit qui comporte les ruines de l’ancienne église. Et là, personne.

Arrivés en ville sans avoir pu nous décider pour un beau coi n picnic, nous prenons notre sandwiche le long de l’eau, trouvons ensuite un bon café sur la voie principale, puis retrouvons Mme et récupérons les clefs de la voiture.

Au début, je roule très pépère et ensuite, lorsque je suis réhabitué, j’apprécie pleinement la commodité de ce jouet à quatre roues bien pratique qui nous ramène en quatre heures près de Bruxelles.

p1080790p1080748Mais ceci ne doit pas effacer pas ce que ce récit a voulu être :

un éloge de la rando-vélo !

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